Joseph Wiener (1870-1943)

Grand-rabbin de Belgique (1932-1940)

Joseph Wiener suivit les cours du Talmud Torah, puis du Lycée impérial de Colmar. Il fit ensuite des études supérieures de philosophie et de langues orientales à Strasbourg, où il défendit en 1895 une thèse de doctorat en philosophie et lettres sur le thème Maïmonides Commentar zum Tractat Aboda Zara, puis à Berlin. À Breslau, il suivit l’enseignement du séminaire rabbinique le plus réputé d’Europe centrale. Ordonné rabbin, diplômé grand-rabbin en 1896 après avoir présenté une étude sur la question des dogmes au sein du judaïsme, il débuta dans la carrière rabbinique à Durmenach, en Alsace, de 1896 à 1899, puis à Phalsbourg, en Lorraine (1899—1903). Joseph Wiener fut élu rabbin d’Anvers en 1904. Il fut, et ce jusqu’en 1931, attaché à la synagogue principale de la Communauté israélite d’Anvers, ainsi qu’à la synagogue de la Communauté israélite de rite portugais d’Anvers — à partir de 1913. Il introduisit les sermons et les services en langue française à la synagogue d’Anvers, et créa le cours de religion israélite à l’athénée de cette ville (1911—1931). Pour lui conserver son autorité face à la concurrence orthodoxe, le Consistoire central israélite de Belgique lui décerna le titre honorifique de rabbin-doyen d’Anvers. Il fut également aumônier de prisons et établissements de bienfaisance de l’État de 1904 à 1940. Correspondant de l’Alliance israélite universelle depuis son poste de Phalsbourg, il continua à œuvrer en faveur de celle-ci à Anvers, y devenant vice-président du comité local de l’Alliance en 1905. Joseph Wiener prit durant la guerre 1914—1918 l’initiative d’organiser le Comité de secours aux prisonniers de guerre alliés, malades et hospitalisés à la Caserne Saint-Georges d’Anvers (1917). Il figura au sein du comité de direction du Centraal Beheer van Joodse Weldadigheid en Maatschappelijk Hulpbetoon, dont il fut un des co-fondateurs, et ce jusqu’en 1937. Il fut également président d’honneur de l’Orphelinat israélite d’Anvers (1931—1934). Il fut nommé grand-rabbin de Belgique en mars 1931, fonction qu’il exerça jusqu’en 1940. Ayant quitté la Belgique pour la France après l’invasion allemande, il fut arrêté à Nice, puis déporté avec son épouse à Auschwitz par Drancy en septembre 1943 ; ils y furent tous les deux assassinés le 7 octobre 1943.

Abrégé de : Jean-Philippe Schreiber, Dictionnaire biographique des Juifs de Belgique. Figures du judaïsme belge XIXe-XXe siècles, De Boeck & Larcier, 2002, pp. 362-363.