Armand Bloch (1861-1923)

Grand-rabbin (1891-1923).

Armand Bloch fit ses études rabbiniques au séminaire de la rue Vauquelin à Paris (1878—1885), puis entama son premier sacerdoce à Toul, de 1887 à 1891, après avoir été bibliothécaire de l’Alliance israélite universelle — il deviendra membre du comité central de l’Alliance en 1920. C’est à cette époque qu’il collabora régulièrement à L’Univers Israélite, le périodique juif conservateur concurrent des Archives Israélites. Il se porta candidat au poste de grand-rabbin de Belgique, laissé vacant par l’accession de Jacques-Henri Dreyfus au grand-rabbinat de Paris, et fut élu à une confortable majorité, le 19 octobre 1891. Il occupa ce poste jusqu’à son décès. Armand Bloch prit les rênes des communautés juives de Belgique à une époque de grands bouleversements : l’arrivée massive des Juifs d’Europe de l’Est modifia considérablement le visage du judaïsme belge, qui connut de surcroît, comme nombre de pays européens, une nette résurgence de l’antisémitisme. Il fut, de plus, confronté à la constitution, en quelques années, de plusieurs communautés d’obédience orthodoxe, dont les rapports avec le Consistoire central israélite de Belgique et avec l’autorité spirituelle qu’il représentait n’étaient pas toujours aisés. En plus de ses fonctions religieuses, Armand Bloch se consacra à la récolte de fonds pour venir en aide aux victimes des pogromes en Russie, ainsi qu’aux orphelins juifs russes envoyés en Belgique. Il prit part également à nombre d’œuvres de bienfaisance communautaires. Il fut inspecteur de l’enseignement de la religion et de la morale israélites pour les écoles primaires du Royaume (1905) et aumônier des prisons de Saint-Gilles, Forest et Louvain. Ses sermons démontrent qu’il était d’obédience traditionnelle, proche sur ce plan de son prédécesseur Dreyfus, mais qu’il dut s’effacer, malgré ses convictions, devant les volontés des membres laïcs du Consistoire. Armand Bloch fut l’auteur de plusieurs sermons, empreints d’un patriotisme ardent, dont celui consacré aux Idoles modernes, qui lui valut une condamnation à six mois de prison sous l’occupation allemande.

Abrégé de : Jean-Philippe Schreiber, Dictionnaire biographique des Juifs de Belgique. Figures du judaïsme belge XIXe-XXe siècles, De Boeck & Larcier, 2002, pp. 60-61.